ACTUALITE

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Comment ça commence

Spectacle de matières animées, tout public dès 4 ans, avec le regard extérieur de Laurent Dupont.

Prochainement au Parvis, scène nationale de Tarbes, du 13 au 15 avril 2016, au Centre Culturel Athéna à Auray, les 22 et 23 avril 2016 et à La Parcheminerie-Lillico à Rennes les 29 et 30 avril 2016.


Ce spectacle est le fruit d’une résidence de peintre à l’école maternelle et l’école élémentaire des Pâquerettes à Nanterre réalisée en 2014 avec La Saison Jeune Public de Nanterre.

L’enjeu de ces ateliers était de peindre avec les enfants et d’enregistrer leur parole sur ce geste, ce qu’il signifie et plus largement sur leur regard autour de la peinture. Ces voix d’enfants de 4 à 11 ans sont le fil conducteur dans l’écriture du spectacle « Comment ça commence ».

Sur le plateau, je mets en scène l’image d’une peinture possible et de son processus de fabrication, une image en train de naître. Je ne peins pas avec un pinceau et de la peinture, mais avec la lumière, les ombres, les reflets, la vidéo, les sons (son en direct, voix d'enfants et composition sonore) le geste dans l'espace...
La vidéo nous offre l’image animée de tentatives picturales en permanente métamorphose.
C’est une peinture de l’immanence. Une peinture dont le peintre rêve, une peinture à faire un jour, une peinture réalisée il y a longtemps, une peinture multiple, de tous les imaginaires possibles.
A l’écran comme au plateau, nous voyons la couleur, la matière, le cheminement, la reprise, l’égarement, la surprise, l’imprévisible, ce qui se cache dans la matière.

Le spectacle a été créé aux Amandiers - Centre Dramatique National de Nanterre du 2 au 13 mars 2015. Avec le soutien de la compagnie ACTA, de la saison jeune public de Nanterre, du TJP - CDN de Strasbourg, et de la Région Bretagne.

Nuée



J’ai résidé au Domaine de Kerguéhennec (Conseil Général du Morbihan) d’octobre à décembre 2012 dans le grand atelier de Kersusan. Là, j’y ai étudié les feuillages au fusain, par la photographie et la peinture. J’ai peins des toiles de grand format à partir de ces couleurs et matières d’automne. Morcellées puis suspendues par la suite, ces toiles sont devenues un feuillage qui vibre à la lumière, se joue des transparences, des masses, des nuances. Ce travail est à la fois paysager et pictural.

La pièce finale intitulée « Nuée » présente des milliers de peintures en suspens dans un volume de 48 mètres cube. Elle a été exposée dans le cadre de l’exposition d’automne 2013 dans la Chapelle de la Trinité à Kerguéhennec. L'année suivante, j'ai présenté cette pièce sous une forme disséminée au Prieuré de vivoin dans la Sarthe.

Nuée en vidéo


LE SON DE LA SEVE création 2012




Une forêt d’arbres sonores à partager.
Spectacle interactif tout public, à partir de 2 ans.

Promenade visuelle, tactile et sonore dans une forêt d’arbres creux.
Arbres-trognes, œuvres conjuguées de l’homme et du temps.
Pas de paroles, des gestes, des sons, une caresse, une musique.
Un paysage sonore collectif en perpétuel mouvement.
Chacun se trouve un arbre, tel un lieu de résonance.

Création de Benoît Sicat (Sculpture-lutherie bocagère-mise en scène)– pour le festival 193 Soleil, les 8, 9 et 10 juin 2012 au parc de l'ILe Saint-Denis (93)
Artistes associés : Bruno Guiheneuf, sculpteur et Nicolas Camus, comédien-musicien.
Spectacle produit par le Conseil Général de Seine-Saint-Denis.
et le soutien de la Ville de Rosny-sous-Bois.

Le spectacle a déjà été joué plus de 200 fois aux Tombées de la nuit à Rennes, La Cité de la Musique à Paris, au TJP à Strasbourg, Opéra de Bordeaux, des festivals européens à Bruxelles, Hasselt, Neerpelt, Berlin, Almere, Cologne, Poznan, Haarlem, La Haye…

Vidéo du spectacle en extérieur

Vidéo en salle de spectacle


GARDENMOBILE



Les GARDENMOBILE sont des jardins publics fragiles et non démonstratifs, où poussent ces plantes dites envahissantes, herbes folles, vagabondes indésirables, pourtant choisies ici pour leurs vertus. Sculptures à lire et à saisir dans l’instant esthétique et dans le temps du paysage.
Ici,, j'accepte une maîtrise relative des éléments. Je fais avec ce que j’ai récolté sur place. Je joue de l’accident. Ce qui pousse tout seul, ce qui prend racine avec difficulté, ce qui meurt très vite. La terre me donne à travailler. Le végétal me grandit le regard et me rapetisse l’orgueil. Je fais avec. Je tente de ne pas aller contre. Le jardin est le paysage intime et partagé. Il est la mémoire des gestes de mes ancêtres, il est le passage vers l’autre et l’ailleurs. Il est ma condition. Je suis le chemin dans la friche.
Le projet GARDENMOBILE a été créé pour le parcours d'art contemporain "L'art dans les chapelles", dans le Morbihan durant l'été 2010. Du 2 avril au 21 mai 2011, les voitures ont été exposées à Plérin en Côtes d'Armor pour l'exposition "Terre Art'air". Une quatrième GARDENMOBILE a vu le jour à Saint-Nazaire sous la houlette du Théâtre Athenor, durant l'été 2011. Enfin, une cinquième voiture customisée en jardin sauvage sera créée en juin 2012 pour l'exposition de design et d'art contemporain "Autour du jardin", organisé par l'Unique à Caen pour juillet-août 2012.

La réserve



Au centre de cette réserve, il y a l’arbre, l’ancêtre, le poumon.
Il respire, il murmure, il chuchote un langage inconnu, primitif.
Il est la réserve à lui seul, un lieu en soi, microcosme et cosmos.
Il est la réserve de savoir, mémoire de la faune, et de la flore.

Chaque corps de spectateur est une réserve.
Chacun est rempli d’eau, d’air et d’expérience.
A nous tous, nous créons une synergie.
L’arbre nous guide, nous repère, nous réfugie.

La bande son est un paysage archaïque.
Je l’ai enregistrée de ma voix et de mes gestes.
Sans partition ni composition, au plus près de ma réserve intérieure.
A la manière d’un « chant des pistes » du peuple aborigène,
le chant et les sons décrivent un cheminement, une cartographie.

Spectacle créé pour le festival international Segni d’infanzia à Mantova, en novembre 2009, avec la complicité de Maruska Ronchi, danseuse.

Un spectacle qui a été vu en Belgique (CDWEJ, La Montagne Magique), au Pays de Galles (Abergavenny, Aberystwyth, Bangor), Nanterre, Le Channel, scène nationale de Calais, au festival MOMIX...

Le jardin du possible


Le jardin du possible est mon espace primitif. Ce spectacle est né tout seul. Il était déjà là en moi. J’y ai mis ce que je sais de la création et ce que je devine de l’enfance. Du jeu comme principe d’exploration du monde et de construction de soi. Des matériaux primitifs et toujours contemporains. Des bois, des cailloux, des feuilles, des terres cuites. Des objets qui nous survivront. Le personnage du jardinier est ma solitude. De cette solitude essentielle à mon travail de création, et de cette solitude nécessaire pour s’offrir au paysage. Pour que le paysage s’offre à son tour. Cependant, cette solitude est un miroir en face du spectateur. Multiple et seul, lui aussi. Il n’y a ni dramaturgie, ni pédagogie, ni morale, ni jugement, ni hiérarchie. Cependant, il y a ce miroir, comme dans tout spectacle. Ici, enfants et adultes sont sur un même plateau, un territoire commun. Nous construisons la cité ensemble. Pas de bande son, pas de paroles. Le possible n’existe que parce qu’il n’y a pas de guide. La seule règle qui s’impose à nous tous c’est « Faire le plus possible avec, le moins possible contre », pour reprendre les mots de Gilles Clément. C’est un paysage dédié au temps, à l’écoute de soi et à celle du voisin. C’est un jardin.

Créé en 2002, ce spectacle interactif pour grands et petits (à partir de 18 mois) a été joué plus de 1000 fois en France sur de nombreux festivals (Ideklic, Les rêveurs éveillés, Méliscènes, Premières Rencontres d’ACTA, Puys de Mômes, MOMIX, Micro Mondes…), Scènes Conventionnées, Scène Nationales et CDN (Le Cratère à Alès, L’Arche de Béthoncourt, Le Channel à Calais, La Filature à Mulhouse, le TJP à Strasbourg, le TNG à Lyon…) et dans une dizaine de lieux et festivals européens (Mantoue, Madrid, Lisbonne, Berlin, Vienne, Pays Bas, Pays de Galles, Estonie, Belgique, Bucarest…). Je pense faire encore un bout de chemin avec lui.

Le terrier


Je choisis un talus d'argile abrité d'un arbre.
Il sera la charpente vivante du terrier.
Le gardien/le père/le repère.
Je me terre sous l'arbre.
En creusant je suis la terre et les racines.
Comme le tailleur suit le fil.
Se terrer pour avoir le silence.
Si rare silence autour.
Si rare silence en soi.
Pour redonner du son à la terre, à sa chair.
Se faire vibrer tout entier.
Ici est trop petit pour danser.
Ici la danse est à l'intérieur de soi.
Ici tu peux chanter, chuchoter, t'écouter vibrer, respirer, hurler si ça te chante.
Sentir les infra-basses quand tu grognes l'animal que tu retrouves en toi.
Le terrier n'est pas qu'une sculpture.
Le terrier n'est pas qu'un habitacle.
Le terrier est une expérience.
On s'y introduit quand le corps veut bien s'y introduire.
Etre dans cette voûte de terre.
Cette boîte crânienne aux mille racines.
Ce trou noir cosmogonique troublant.
Dans le tout petit de mon moi et dans son infini.

Août 2005, pour le terrier de Nannay

Les telluriques




En enterrant des images noires sur film diapositive, je propose à la terre de féconder une nouvelle image en attaquant une à une les couches de gélatine rouge, verte et bleue. Dans cet acte, je ne contrôle que la période d'incubation. Je sème une graine, et j'attends qu'elle germe sans savoir quelle plante va pousser

Il y a de l'étincelle, du feu du ventre de Gaïa, de ces éblouissements qui jaillissent. Ce qui est arrivé de cette fertilité, ce qui se cristallise sur le film n'est plus l'image imaginée dans le boîtier et révélée à la lumière du labo, mais l'inimaginable rêvé in vitro. Quelque chose qui m'échappe. De l'ensevelissement est née une image comme un cri. Elle est vivante. Elle bouge. Elle se grandit du rayon de la projection lumineuse. Je l'imagine immense et si petite pourtant.

Aucune figure, aucune vue de l'esprit humain ne s'y décèlent. Et cependant elles sont nées d'un acte très concret, chimique et presque mécanique. Le mariage qui a donné lieu à leur naissance est en soi un mystère.

Elles sont la terre et le ciel. La lumière qui traverse. Le temps qui transporte. Elles sont l'énergie du noyau. La cellule microscopique et le trou noir cosmogonique. La fibre végétale. La structure minérale. Le tissu organique. La racine de l'oubli. La veine régénératrice. Elles naissent du silence, défient l'absence de l'homme, fondent le mouvement de la vie.

Les écorcés vifs



Ces peintures sont des impressions monotypes sur contreplaqués, elles ont été installées en forêt de La Hunaudaye en Côtes d’Armor, du mois d’octobre 2000 à janvier 2001.

Ici, ma peinture est réduite à son essence, une surface plane et les trois couleurs primaires. Avec ce minimum "vital" je cherche à suggérer une profondeur à travers un spectre de couleur large. Sous la peau de cette peinture apparaissent peu à peu les strates successives de son élaboration.

L'écorce des arbres est une peau de sève où se grave l'empreinte du temps. Les peintures agrippées aux troncs sont exposées aux intempéries et subissent ainsi une dégradation lente et naturelle provoquant des associations picturales inédites et attendues.

Ma peinture paysage


Je suis un peintre de paysages. J'ai cependant supprimé les accessoires : hommes, animaux, "fabriques". Mes peintures vont à l'essentiel de ce qui fait la nature c'est-à-dire notre nature propre aussi, nous faisons partie intégrante du monde et ne sommes pas simplement habitants encore moins gestionnaires du paysage. Cette essence de la nature est inscrite dans mon travail par des couches de peintures successives comme autant de strates géologiques qui forment la terre qui nous supporte, l'humus qui fait pousser les plantes qui nous nourrissent, ainsi que les animaux.

Je suis un peintre de paysage qui ne vit pas contre mais avec son environnement. Ma peinture ne serait pas la même – et peut-être rien du tout – s'il n'y avait cette terre que j'explore, rencontre et cultive dans un jardin source d'expérimentation et d'inspiration. Les peintures que je fabrique vivent leurs dernières modifications dans le jardin ("dominos"), dans la forêt ("écorcés vifs") ou en plein champ ("le tipi") : le dernier coup de pinceau provient de la nature.

Dans une définition déjà classique, on appelle cette peinture "abstraite", j'aurais tendance à la considérer plutôt comme "concrète".